Cérémonie de fin d’année

Le billet de compte-rendu de Saïdou avec quelques images à l’occasion de la cérémonie de fin d’année scolaire :

" L’an 2009  le 4 juillet, a eu lieu à Saaba la fermeture de l’école. Commencée à 8 heures, la cérémonie a pris fin aux environs de 14 heures. Tout a commencé par le mot de bienvenue de M. Tapsoba Lazard puis le président des parents d’élèves,  la présidente des mères d’élèves et enfin le responsable que je suis .

la foule

L'assistance est venue nombreuse pour la cérémonie de fin d'année

Après chaque intervention, nous assistons à une prestation des élèves de danse traditionnelle ou un défilé d’art vestimentaire traditionnel, sans oublier les récitals.

danse

Démonstration de danse traditionnelle par les élèves

tonton Lazard

Le discours de M. Lazard

Tonton Lazard en prenant la parole a d’abord remercié les autorités coutumières et politiques de Saaba ainsi que les membres de l’association en France qui jour et nuits se mobilisent pour rendre « voyants nos enfants qui étaient dans l’obscurité ».

Car disait un parent d’élève « nous sommes nés aveugles et grâce à cette école nos enfants seront des personnes éclairées pour nous ramener dans la lumière ». Le président des parents d’élèves quant à lui n’a pas manqué de saluer les initiatives et le combat que mène l’association en France pour rendre ce grand service incalculable et aussi le soutien incomparable que les membres sont en train d’apporter. Il a aussi demandé aux parents de soutenir l’initiative en apportant chacun sa pièce pour la survie de l’école, tout en remerciant le responsable de l’école qui se bat toujours pour la réussite et l’avenir des enfants avec l’association française.


président des parents

Le président des parents d'élèves

présidente des parents

La représentante des mères d'élèves

La représentante des mères d’élèves à son tour a versé des larmes parce qu’elle était débordée de joie et ne savait plus quoi dire pour une première année de fonctionnement. Nous avons en effet gagné la coupe de l’épreuve de Culture face à plus de 60 écoles de la région. De plus, nous avons obtenu un bon taux de réussite car les 50 élèves scolarisés en CP1 passent en CP 2 avec une moyenne qui varie entre 8,50 et 4,60 (sur 10), ce qui nous a valu les félicitations de la responsable de la circonscription de base de Saaba.

Saïdou à son tour a d’abord remercié les responsables de l’association en France  grâce à qui  la fondation ISSA a construit 3 classes ainsi que le CLIIFF qui nous a aussi soutenus pour l’achat de matériel de cuisine, sans oublier M. Alain qui oeuvre à la construction d’un puits. Saïdou n’a pas manqué d’annoncer le passage d’une association humanitaire qui se rendra sur place le 24 juillet pour l’examen des yeux des élèves et de leurs parents grâce à l’intervention d’Odile.

Entre toutes ces interventions ont été intercalés des bals traditionnels et des défilés  présentés par les élèves .

tenue traditionnelle

Présentation d'une tenue traditionnelle

tenue traditionnelle 2

Défilé en tenue traditionnelle

remise des prix

La remise des prix par l'équipe pédagogique

remise des prix 3

Remise des prix (2)

remise des prix 4

Remise des prix (3)

Après la remise des prix la fin de la cérémonie a été marquée par un petit rafraichissement.

preparation du bissap

La préparation du bissap (raffraichissement)

Un atelier d’arts plastiques

eleve_dessinant_1Agnès Caffier, plasticienne française, a séjourné récemment au Burkina Faso. Au cours de son séjour, elle a animé un atelier d’arts plastiques avec les enfants de l’école de Saaba. Elle propose ici un récit de cette expérience et quelques photos de ce beau moment.
Nérés, karités, neems, goyaviers, calebassiers, manguiers, acacias, kapokiers, kaïcedras, acajous… poussent autour de l’école. Je propose aux enfants d’inscrire les arbres sur les Angiographies. Leurs dessins sont atypiques, ils hybrident la rigueur des croquis botanistes et la forme épurée des dessins d’enfants. Les réalisations sont magnifiques.

Angiographies

Angiographies

Le premier jour, nous nous disons juste bonjour.

Le second jour, nous dessinons dehors, à l’ombre.
eleve_dessinant_2

Nagouri, tamde, taaga, arzana, poutri, koumba, vanyalogo, peinéga, kaièliega, wamde, voaka, roanga, argentiga, mangré, siibi… Les enfants citent en moré le nom de chaque arbre. Ils connaissent le port des arbres, les systèmes racinaires, la forme et la disposition des feuilles, les inflorescences, chaque étape de la fructification. Ils inscrivent feuilles, fleurs, fruits, graines sur les arborescences veineuses des Angiographies avec une surprenante sureté. Leur concentration est étonnante, ils dessinent inlassablement. Poulets, cochons, ânes et porteurs d’eau traversent l’enceinte de l’école. Les dessins des enfants disent la place des cultures vivrières, des saisons, de la terre, de l’eau dans leur vie quotidienne.
C’est la saison sèche, l’harmattan soulève la poussière qui se faufile partout. La terre se dépose sur les Angiographies dans une multitude de traces de doigts.

Le troisième jour, accrochage des Angiographies dans la salle de classe, sur les murs de banco. La plus petite exposition du monde. L’installation finie, les enfants m’offrent des chansons. La nouvelle de l’atelier court dans le village.

L'exposition dans la salle de classe

L'exposition dans la salle de classe


Angiographies

Affiches 68 cm x 99 cm. Radiographies, dessins du public.

Editées en France lors des journées de l’Arbre 2007, les Angiographies lient l’intimité de l’intérieur du corps aux espaces à ciel ouvert de paysages.

http://blog.agnescaffier.net

A l’origine du projet, une rencontre

Le projet de construire un école à Saaba est l’initiative de Saïdou qui vit à proximité de cette zone. Lorsqu’il rencontre Odile, il entrevoit la possibilité de trouver les fonds qui lui permettront de démarrer la construction sur le terrain qu’il a acquis.

L’association est née ainsi, de rencontres et de volontés en synergies de soutenir une initiative locale. Chacun de ceux qui, jour après jour, investissent un peu de leur temps, de leur énergie, de leur richesse, dans cette aventure a une raison intime de le faire. Certains accepteront de le raconter dans ce blog un jour ou l’autre…

Le contexte social

Dans la zone de Saaba, les habitants n’ont guère de travail et pas de revenus fixes. Leurs activités d’agriculture vivrière (culture et élevage), de participation à des chantiers, de gardiennage leur permettent de gagner plus ou moins leur vie à la journée, sans garantie du lendemain (500-1000 Francs-CFA soit moins de 2 € par jour).

Occupés à trouver les moyens de nourrir leur famille et de combattre la malnutrition, ils n’ont évidemment ni le temps ni la disponibilité de se consacrer à l’éducation de leurs enfants.

Et, dans la mesure où ce quartier n’est pas doté d’une école publique, il est tout naturel que les enfants participent à la quête familiale de moyens de subsistance, notamment en allant travailler en ville dans des familles aisées.

Une école de filles : pourquoi ?

Le projet "Ecole de Saaba" vise à construire une école de filles à Saaba, une petite ville à la périphérie de Ouagadougou (Burkina Faso).

La priorité accordée à la scolarisation des filles a pour but de rééquilibrer l’accès à l’éducation entre garçons et filles. En effet, les filles, dont moins de la moitié sont scolarisées, sont souvent marginalisées, promises à des mariages plus ou moins consentis et sont donc moins scolarisées que les garçons. Au lieu d’aller à l’école, les filles des familles pauvres sont utilisées à l’entretien de la maison, à la recherche de moyens de subsistance quotidienne, et elles sont exploitées par les familles plus aisées pour les travaux domestiques. En grandissant, elles sont souvent victimes de grossesses précoces et indésirées, et de ce fait, elles sont rejetées par leur famille. Sans qualification ni protection sociale, au chômage de fait, elles sont la proie aisée de la prostitution et des maladies qui lui sont associées telles que le sida.

Pour renverser cet enchaînement tragique et néfaste au développement du pays, l’enjeu crucial est la scolarisation et c’est la raison pour laquelle le présent projet est consacré à la scolarisation des filles.

L’Etat burkinabé, conscient de l’importance de ce point, favorise la scolarisation des filles en dotant les écoles de fournitures scolaires qui leur sont réservées et, le cas échéant, contribue au financement des cantines. Ce projet répond donc aux priorités gouvernementales actuelles et s’inscrit dans l’action politique.

Les objectifs

  • contribuer à l’alphabétisation et au développement du pays ;
  • s’ouvrir au monde et accéder à la liberté que donne notamment un travail choisi ;
  • éviter l’exploitation par les familles plus aisées et l’engrenage des maternités subies et des maladies associées à la prostitution parmi lesquelles le SIDA ;
  • garantir le repas quotidien.

Certaines familles souhaiteront également envoyer leurs garçons dans cette école. Ceux-ci seront acceptés en fonction des places disponibles.

Le quartier de l’école : la zone de Saaba

A la périphérie de Ouagadougou, un quartier pauvre, très peuplé, des maisons précaires en banco (argile pétrie) sans eau ni électricité.

La retenue d'eau située à proximité de l'école
La retenue d’eau située à proximité de l’école.
les premières maisons du quartier (Janvier 2008).

Une zone en construction : les premières maisons du quartier (Janvier 2008).

Les hommes pour pomper, les ânes pour transporter l'eau du puits
Les hommes pour pomper, les ânes pour transporter l’eau du puits
Vus de l'école, quelques champs de mil après la récolte.

Vus de l'école, quelques champs de mil après la récolte.

Construire une école de filles à Saaba : pourquoi ?

Le projet "Ecole de Saaba" vise à construire une école de filles à Saaba, une petite ville à la périphérie de Ouagadougou (Burkina Faso).

Les objectifs sont simples :

  • contribuer à l’alphabétisation et au développement du pays ;
  • s’ouvrir au monde et accéder à la liberté que donne notamment un travail choisi ;
  • éviter l’exploitation par les familles plus aisées et l’engrenage des maternités subies et des maladies associées à la prostitution parmi lesquelles le SIDA ;
  • garantir le repas quotidien.